Montréal 2017

Quatuor à cordes: sympathique fin d'Académie.

La deuxième Académie internationale de Quatuor à cordes de McGill a pris fin samedi soir. Au micro, devant une assistance plus nombreuse que d'habitude à Pollack, le directeur général et artistique de l'événement, le professeur André Roy, ex-altiste à l'OSM, a confirmé que, grâce à la générosité de la mécène Constance V. Pathy, une troisième Académie aura lieu l'été prochain, de nouveau au mois d'août. Pendant deux semaines, de jeunes quatuors d'ici et de l'étranger ont travaillé quotidiennement le répertoire avec des membres de quatuors établis et se sont produits deux fois en concert. Invité à donner le concert de clôture, le Quatuor Borromeo, des États-Unis, offrait la particularité d'être le seul quatuor participant à l'Académie à la fois comme professeur et comme exécutant. 

Par ailleurs, le concert final comportait exceptionnellement une oeuvre autre qu'un quatuor, le rare Quintette en fa majeur de Bruckner. Pour l'occasion, M. Roy avec invité, pour tenir la partie de second alto, le réputé altiste américain Michael Tree, 77 ans, membre fondateur du Quatuor Guarneri, qui fut son professeur d'alto pendant quatre ans. La soirée fut sympathique, sans être mémorable sur le plan musical. Célèbre pour ses symphonies, Bruckner a laissé très peu de musique de chambre. Il composa à 54 ans ce très long 

Quintette en quatre mouvements qui faisait 44 minutes samedi soir et en fait parfois davantage. Je n'ai retracé que deux exécutions précédentes de l'oeuvre ici, encore qu'il s'agissait chaque fois d'adaptations pour orchestre de chambre de 15 musiciens: par I'ensemble belge I Fiamminghi au Ladies' Morning Musical Club en 1994 et par les Musici de Yuli Turovsky en 2001.  L'exécution de samedi soir s'est ramenée à une honnête lecture dont seul se détachait le mouvement lent (le troisième). 

C'est le plus beau des quatre, avec ces grands tutti rappelant les symphonies du compositeur, et c'est celui qui fut le mieux joué. Les écarts de justesse du premier-violon, minimes mais assez fréquents, surtout au premier mouvement, laissent songeur quant au coaching prodigué auprès des jeunes quatuors en formation. Le Borromeo fit ses débuts ici en 2001 au Festival de Denis Brott. Le second-violon était alors différent mais l'actuel premier-violon était déjà là et, déjà, il jouait faux. C'est sans doute ce qu'on appelle avoir de la suite dans les idées. Tout comme le fait de jouer samedi soir le même Quatuor op. 59 no 3 de Beethoven qu'il y a 10 ans, alors que Beethoven offre le choix de 17 Quatuors. Là encore, une honnête lecture... peut-être un peu plus car la sonorité de l'alto et du violoncelle (tenus par deux musiciennes d'origine asiatique) est tout à fait remarquable. On a aussi noté que les musiciens du Borromeo jouent maintenant devant des écrans d'ordinateur, actionnant des pédales pour passer d'une page à une autre.

Claude Gingras / La Presse

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Rusquartet toujours premier.

Une semaine exactement après avoir présenté le Rusquartet, de Russie (trois filles et un garçon), et le Aeolus Quartet, des États-Unis (trois garçons et une fille), l'Académie internationale de Quatuor à cordes de McGill ramenait les deux jeunes ensembles au Pollack Hall vendredi soir, cette fois dans un ordre inverse: le Aeolus venait en premier, le Rusquartet ensuite. La direction a voulu être parfaitement équitable en faisant passer chaque quatuor tour à tour en premier et en dernier.

Le procédé n'a cependant rien changé au résultat final. Entendu dans un ordre ou dans l'autre, le Rusquartet s'est révélé nettement le plus accompli des deux quatuors. Le Aeolus n'est pas à éliminer pour autant: tout simplement, il a encore du chemin à faire. Le premier-violon a corrigé ses imperfections de la semaine dernière. Très bien. Mais le groupe ne possède pas encore cette absolue précision collective qui produit ce vrai son de quatuor qu'on trouve déjà chez le Rusquartet.

À l'Académie de McGill, les programmes présentés en concert sont établis à partir du répertoire d'oeuvres soumis par les jeunes quatuors invités à travailler avec des membres d'ensembles réputés. Le hasard, qui souvent fait mal les choses, nous valut vendredi soir un programme comportant deux quatuors seulement (au lieu de quatre, comme c'est l'habitude), tous deux très longs et passablement ennuyeux. Peu importe qu'ils soient signés Dvorak ou Tchaïkovsky, ils ne comptent pas parmi les grandes réussites de ces compositeurs. Le Quatuor op. 96 est celui qu'on appelle «Américain», Dvorak l'ayant composé lors d'un séjour dans une colonie tchèque de l'Iowa. Il contient au deuxième mouvement une cantilène pleine de nostalgie, mais l'énervante barn dance de la fin gâte tout. L'oeuvre faisait 26 minutes dans la lecture du Aeolus.

Après l'entracte, le Rusquartet tenta pendant 39 minutes de rendre intéressant le troisième et dernier Quatuor de Tchaïkovsky. L'auteur a beau forcer la note avec son mouvement lent où le «funebre» s'augmente d'un «doloroso», il ne réussit pas à toucher; le reste est conventionnel ou naïf. Les jeunes Russes avaient pourtant mis toute leur âme - et leurs plus beaux dosages de sonorités - à défendre cette musique de leur pays...

Claude Gingras / La Presse - (photo : Rusquartet, Russie)

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Le Quatuor à McGill: de Russie et des États-Unis

La deuxième année de l'Académie internationale de Quatuor à cordes de McGill se poursuit jusqu'au samedi 27 août et, déjà, la mécène Constance V. Pathy, qui subventionne cet événement ouvert gratuitement au public, confirme sans hésitation une reprise pour l'an prochain.

Deux autres jeunes quatuors de l'étranger partageaient la soirée de vendredi: le Rusquartet, dont le nom dit assez bien qu'il vient de Russie, et le Aeolus, des États-Unis. Suivant la formule adoptée à l'Académie (bien que ce ne soit pas un règlement), chaque groupe joue un classique et un moderne.

Le Rusquartet a été formé en 2001 à Moscou, il y a donc 10 ans. Or, comme ses membres semblent avoir entre 20 et 25 ans, des changements dans les effectifs ont certainement eu lieu depuis 2001. Une petite recherche sur internet découvre d'ailleurs deux musiciens absents de la formation entendue à McGill.

Peu importe, en vérité. Le Rusquartet qui se présentait à McGill comprend trois filles et, au violoncelle, un garçon. Une même extraordinaire vigueur anime les quatre coéquipiers et produit une sonorité collective très riche, dont se détache un son de violoncelle parmi les plus beaux que j'aie entendus au sein d'un quatuor.

De Haydn, les jeunes Russes avaient choisi le troisième quatuor de l'opus 76, surnommé Kaiserquartett, ou Quatuor de l'Empereur, en raison de l'utilisation de l'hymne impérial autrichien comme thème des quatre variations qui composent le mouvement lent. La célèbre mélodie de 17 notes y passait d'un instrument à un autre sur le plus élégant ton de conversation. Ce qui précédait et suivait offrait le même plaisir d'écoute, malgré une certaine «épaisseur» du son non parfaitement conforme à l'esthétique haydnienne.

En revanche, l'exécution du deuxième Quatuor de Prokofiev ne pouvait que rallier tous les suffrages. Cette musique tirée du folklore caucasien vit par le rythme et la couleur et fut traduite par les jeunes Russes avec une énergie sauvage, de saisissants contrastes de dynamique et des timbres absolument envoûtants.

Après l'entracte, le Quatuor Aeolus offrit lui aussi un Haydn, cette fois le deuxième de l'opus 20, et compléta sa prestation avec le quatrième Quatuor de Bartok. L'ensemble américain ne possède ni la personnalité, ni tout à fait la précision du russe; le premier-violon produisit d'ailleurs quelques légers grincements et connut quelques petits problèmes de justesse. Le groupe demeure quand même solide, soulignant bien la modernité du Haydn et multipliant les riches agrégats dans le Bartok aux cinq mouvements concentriques.

Claude Gingras / La Presse (photo: Aeolus Quartet)

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Misqa 2011

It is with great pleasure that I announce that the McGill International String Quartet Academy will be back from August 14-27, 2011.

The event promises to be quite spectacular with 2011 coaches being Gerhard Schulz (Alban Berg), Michael Tree (Guarneri), Peter Schumayer (Artis), Nicholas Kitchen et Yeesun Kim (Borromeo) et Keith Robinson (Miami).

Quartets can already apply by following the pop up instructions on the web site. Please do not hesitate to contact me if you have any questions regarding the academy at :
director@misqa.com

Yours truly,

André Roy

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Félicitations aux quatuors Noga et Peresson

Félicitations aux quatuors Noga et Peresson pour leurs sélections officielles à la 7ième édition de la Compétition Internationale de Musique de Chambre d'Osaka.
http://www.jcmf.or.jp/competition/index_e.htm

(photo : The Peresson String Quartet)

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