Montréal 2017

Misqa 2013

It is with great pleasure that I announce that the McGill International String Quartet Academy will be back from August 11-23, 2013.

The event promises to be quite spectacular with 2013 coaches being Gerhard Schulz (Alban Berg), Michael Tree (Guarneri), Günter Pichler (Alban Berg), Keith Robinson (Miami), Tim Vogler (Vogler), Franck Reinecke (Vogler), Stefan Fehlandt (Vogler), Stephan Forck (Vogler).

Quartets can already apply by following the pop up instructions on the web site.

Please do not hesitate to contact me if you have any questions regarding the academy at : 
director@misqa.com

Yours truly,

André Roy

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Le Vogler: exceptionnel.

L'Académie internationale de quatuor à cordes de McGill est en passe de devenir la grande réussite de notre été : concerts tous gratuits et de haut niveau, salles combles, auditoires extrêmement attentifs où se côtoient des gens de tous les âges et de tous les milieux, dont beaucoup de jeunes découvrant à leur tour l'univers incomparable de la musique de chambre. Au traditionnel concert de clôture, vendredi soir, on retrouvait le réputé Quatuor Vogler, d'Allemagne, dont les membres figuraient parmi les professeurs invités cette année à l'Académie. Le Vogler en était à son quatrième concert à Montréal. Formé en Allemagne de l'Est en 1985, il joua trois fois au Ladies' Morning Musical Club: en 1995, 1997 et 2000, et toujours dans sa formation actuelle. 

À cet égard, rappelons que la présidente du LMMC, Mme Constance V. Pathy, est aussi la fondatrice de l'Académie et la mécène qui en assume généreusement tous les frais. Son directeur général et artistique André J. Roy, en la remerciant au micro, a annoncé une cinquième Académie pour l'an prochain, du 10 au 23 août. Il a aussi invité à se lever les membres des jeunes quatuors stagiaires, qui avaient pris place un peu partout parmi les quelque 600 auditeurs.

Spectacle impressionnant et, surtout, concert exceptionnel. Le Vogler est très certainement l'un des grands quatuors au monde actuellement. Cette précision dans le jeu individuel et collectif, cette rondeur dans la production du son, cette identification à l'esprit des oeuvres : quel bonheur pour l'auditeur, quelle leçon, aussi, pour les jeunes stagiaires.

Dans le Haydn d'entrée, on reste pantois devant les pirouettes en chassé-croisé que multiplient les quatre coéquipiers au Menuet et devant les guirlandes de triples croches que dessine le premier-violon à l'Andante qui suit.

Le Vogler emprunte ensuite la couleur exacte qu'appelle le lugubre 14e Quatuor de Chostakovitch. Tantôt seul, tantôt en dialogue avec un autre instrument seulement, le sombre violoncelle se voit confier ici un rôle important, le compositeur ayant dédié cette oeuvre au violoncelliste du Quatuor Beethoven, qui la créa en 1973 et l'enregistra l'année suivante.

Le silence de la salle est incroyable. Comme si chacun avait saisi, à travers le Vogler, la pensée de Chostakovitch qui, avec des moyens modernes, a transmis la même angoisse que Beethoven dans ses derniers quatuors.

L'opus 106 de l'aimable Dvorak complète la soirée. On aurait souhaité un choix plus intéressant que cet interminable exercice de 40 minutes dont le seul mérite est de donner beaucoup de travail aux musiciens. Cette musique ne dit pas grand-chose, mais elle est bien écrite pour le quatuor et le Vogler y apporte le maximum.

Claude Gingras / La Presse

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Le Quatuorà McGill : Van Kuijk : imparfait mais intéressant.

Un match de football en plein centre-ville, ce qui, la pluie aidant, est synonyme d'embouteillage monstre, a retardé d'une dizaine de minutes jeudi soir le début du concert à l'Académie internationale de quatuor de McGill. Ce n'est probablement pas demain qu'un concert très couru de ladite Académie retardera un départ au football! Néanmoins, c'était encore salle comble, ou presque, et avec beaucoup de retardataires, pour le programme que se partageaient à la même heure le Quatuor Van Kuijk, de France, et le Quatuor Schumann, d'Allemagne. 

Ces deux jeunes quatuors, tout comme les Calidore et Navarra entendus plus tôt, ont travaillé le répertoire à l'Académie avec des membres des réputés Vogler, Alban-Berg, Guarneri et Miami. Dans quelques jours, ils participeront à des concours internationaux: le Van Kuijk à Trondheim, en Norvège, et les trois autres à Banff, dans l'Ouest canadien.

Le Van Kuijk ouvre sa prestation avec un Haydn rarement entendu. Évident meneur de jeu du groupe, le premier-violon confond l'indication «allegro con brio» du premier mouvement avec «prestissimo». Il joue tellement vite qu'il commet quelques impairs au premier énoncé, de même qu'à la reprise, et il récidive au premier mouvement de l'op. 41 no 2 de Schumann. De simple «allegro vivace», le mouvement devient ici un «presto» dépourvu de tout lyrisme, une course folle où les quatre coéquipiers ont de la peine à placer un mot dans la conversation.

C'est dommage, car le Van Kuijk est un quatuor très fort et très intéressant, avec en son centre un riche bouillonnement sonore et, ailleurs, bien d'autres vertus: dans le Haydn, au Trio du Menuet, un violoncelle qui prend soudain toute la vedette avec son désinvolte solo en staccatos; dans le Schumann, et surtout du côté de l'alto, des sonorités âpres, comme venues d'ailleurs, comme l'écho de cette folie qui a toujours hanté le compositeur, et qui donnent une dimension absolument nouvelle à cette oeuvre souvent ennuyeuse.

Après ce deuxième des trois Quatuors de Schumann, tous de la même année 1842, voici un groupe allemand dont le nom est à la fois celui de son illustre compatriote et celui des trois frères qui le composent, avec une jeune Estonienne à l'alto. Le Schumann a choisi une seule oeuvre: le long troisième Razoumovsky de Beethoven, l'op. 59 no 3.

Le génial Calidore a laissé des traces qu'on ne pourra jamais effacer, il a établi des standards qu'il sera bien difficile, pour ne pas dire impossible, d'égaler. Comme le Navarra, le Schumann est un ensemble de première grandeur, avec quatre coéquipiers exemplaires, une vraie sonorité de quatuor et une belle expression collective. Ces qualités brillent tout particulièrement dans la fugue finale. Mais il faut attendre. Ce qui précède ne découvre aucune personnalité précise comme a su le faire, justement, le Calidore.

Claude Gingras / La Presse

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Le Quatuor à McGill: le Calidore, sommet absolu

Nous avions parlé la semaine dernière de «révélation» à propos du Quatuor Calidore, entendu à l'Académie internationale de McGill. Le jeune ensemble (trois Américains, plus une Canadienne au violoncelle) s'est non seulement maintenu au plus haut niveau technique et musical lors de cette deuxième prestation mais il s'y est surpassé à tous égards. Son immense succès de la semaine dernière lui avait valu cette fois une salle comble qui, dès le dernier accord, s'est levée spontanément pour lui faire une ovation monstre et tout à fait justifiée. Ces deux prestations nous permettent d'affirmer sans l'ombre d'un doute que le Calidore, bien qu'il soit encore en début de carrière et donc peu connu, est un très grand quatuor. Il nous a fait vivre une expérience à inscrire parmi ce que nous avons entendu de plus extraordinaire en de très nombreuses années de fréquentation de ce monde extrêmement exigeant qu'est le quatuor à cordes. Chacun de ses membres va au maximum des possibilités de son instrument, sans jamais forcer le son, et la réunion des quatre voix respirant en même temps est un miracle de pensée unifiée. 

On ne peut imaginer que le Calidore, après ces deux prestations, puisse un jour nous décevoir. Selon la formule adoptée par l'Académie, deux quatuors se partagent deux concerts, mais en alternance. La semaine dernière, le Navarra, à la triple origine européenne, venait en premier; le Calidore le suivait et... le surpassait. On a pu conclure que sa position l'aidait en ce sens. Eh bien! non. Cette semaine, le Calidore venait en premier et le Navarra le suivait, mais sans faire oublier un seul instant ce que nous avions entendu avant l'entracte. En fait, la juxtaposition des deux ensembles a donné lieu à une situation presque cruelle. 

Le Calidore avait entre les mains un autre négligeable produit de jeunesse de Schubert ainsi que cet opus 13 de Mendelssohn qui ne compte certainement pas parmi les chefs-d'oeuvre du répertoire, alors que le Navarra avait comme choix unique le très supérieur deuxième Razoumovsky de Beethoven, l'op. 59 no 2. Or, le Calidore a pour ainsi dire transfiguré le Schubert et le Mendelssohn. Dans le Schubert, chaque intervention isolée possédait un inhabituel caractère. Dans le Mendelssohn, les nombreux changements d'atmosphère étaient soulignés avec un relief absolument nouveau. Après l'entracte, le Navarra a joué le Beethoven avec une correction absolue; les très petites imperfections du premier-violon avaient même disparu. 

Mais c'était là du Beethoven au premier degré, sans la moindre idée nouvelle, et même un peu ennuyeux par moments. Le Navarra est un quatuor de premier plan, aucun doute là-dessus, mais comme on en entend à longueur de saison. Le Calidore appartient tout simplement à une classe à part. C'est la différence entre le talent et le génie. QUATUOR CALIDORE (États-Unis/Canada) : Quatuor no 11, en mi majeur, op. 125 no 2, D. 353 (1816) - Schubert Quatuor no 2, en la mineur, op. 13 (1827) - Mendelssohn QUATUOR NAVARRA (Royaume-Uni/Irlande/Pays-Bas) : Quatuor no 8, en mi mineur, op. 59 no 2 (1806) - Beethoven Dans le cadre de l'Académie internationale de quatuor à cordes de McGill. Mercredi soir, Pollack Hall.

Claude Gingras

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Le Miami String Quartet à MISQA.

Les grands quatuors à cordes ne relèvent pas de l’inné, mais de l’apprentissage. Dans le cas de Keith Robinson, le savoir musical qui lui a été transmis lorsqu’il était étudiant l’a non seulement incité à créer le Miami String Quartet en 1988, mais il demeure un facteur essentiel du succès du groupe aujourd’hui.

« Nos professeurs au Curtis Institute of Music étaient membres du Quatuor Guarneri. Nous étions vraiment en admiration devant eux, et ils ont été une source d’inspiration pour nous, explique Robinson. David Soyer (le violoncelliste fondateur du Guarneri, maintenant décédé) avait pris l’habitude de m’appeler Scott. Il faisait un peu peur, hirsute et bourru, et je n’ai jamais osé le corriger. Ils formaient le meilleur quatuor de tous les temps. »

Depuis les premiers temps de sa création, le Miami String Quartet a acquis sa réputation en gagnant des concours à travers le monde. Il a été le premier quatuor à cordes, en dix ans, à gagner le concours Concert Artists Guild New York Competition, en 1992. Maintenant quatuor en résidence à l’université d’État de Kent en Ohio, Benny Kim (violon), Cathy Meng Robinson (violon), Scott Lee (alto) et Keith Robinson (violoncelle) célèbrent, pour leur saison 2013-2014, leurs vingt-cinq ans d’existence. En août, le quatuor fera le concert d’ouverture de l’Académie Internationale de Quatuor à Cordes de McGill (MISQA) à Montréal, et interprétera des œuvres de Mozart, Chostakovitch et Mendelssohn.

Comme la plupart des interprètes de musique de chambre, Robinson, qui revient également à MISQA comme professeur pour la seconde fois, tire ses influences de plus d’une source. Un autre de ses mentors, Felix Galimir, le révéré musicien et professeur, décrit par le New York Times dans sa rubrique nécrologique en 1999 comme « un violoniste qui représentait un des derniers liens avec le monde musical prodigieux de la Vienne d’avant-guerre », a joué un rôle essentiel dans la création et la carrière de beaucoup de quatuors à cordes. « Son amour de la musique était contagieux et je n’ai pu faire autrement que d’apprendre à aimer les quatuors », explique Robinson.

Associé pour toujours à Galimir et au légendaire Guarneri, Robinson reconnaît l’importance d’organisations comme MISQA pour favoriser un cadre de formation professionnelle spécialisé, permettant à de jeunes quatuors prometteurs de hisser leurs compétences à un autre niveau.

« L’environnement et l’atmosphère à MISQA sont magnifiques. L’objectif de ces jeunes musiciens est de perfectionner leur art de jouer dans un quatuor à cordes – musicalement et techniquement – dans un contexte d’apprentissage intensif tout en partageant des idées avec des participants et des professeurs qui viennent des quatre coins du globe, souligne Robinson. Habituellement, les quatuors à cordes se rencontrent lors de concours, et chacun est plus ou moins concentré sur le but à atteindre. À MISQA règne une atmosphère d’échange et de camaraderie que l’on ne retrouve pas dans les concours. On y développe un vrai sens de la communauté et des amitiés s’y nouent pour la vie. »

En raison de ce cadre particulier qui permet aux jeunes quatuors émergents d’échanger des idées et de travailler avec des experts de plusieurs pays, beaucoup de musiciens viennent participer à la MISQA pour se préparer au Concours international de quatuor à cordes de Banff (BISQC), qui a lieu tous les trois ans, juste après MISQA. Dans les faits, trois des finalistes participent aux deux événements : les quatuors Calidore (USA/Canada), Navarra (RU/Irlande/Pays-Bas) et Schumann (Allemagne).

Même si chaque quatuor possède son propre style, un son et une approche uniques, selon Robinson, la recherche de ce son unique ne doit pas être le but premier d’un ensemble musical. Il croit plutôt que les quatuors devraient passer plus de temps à interpréter la partition. « La première obligation d’un interprète est envers le compositeur. Qu’est-ce que le compositeur a voulu ici ? Alors le son viendra naturellement, explique-t-il. Des fois, cela peut prendre des semaines, d’autres fois il suffit juste de proposer un changement de tempo. Cela peut prendre du temps, mais quand cela arrive, c’est merveilleux. »

Peu importe le degré de talent d’un quatuor, « cela prend des années pour développer une carrière, et cela se fait en participant à des événements comme MISQA et le BISQC et en créant des liens avec les organisateurs et le public », souligne Robinson.

Selon Robinson, faire partie d’un quatuor à cordes, c’est comme être marié, avec l’aspect commercial et les autres problèmes à régler. Dans les faits, Robinson est marié avec la seconde violoniste du Miami String Quartet, Cathy Meng. Quand ils sont en tournée, chacun a sa propre chambre afin de pouvoir répéter sans se gêner mutuellement.

Même si nous vivons dans une société riche en médias de toutes sortes, Robinson reste persuadé que la musique classique a un avenir. « Je ne pense certainement pas que la musique classique est morte. Il y a plus de quatuors à cordes aujourd’hui qu’il n’y en a jamais eu par le passé, et cela est dû en grande partie à la popularité de ce genre de musique et au coût relativement bas de présenter un concert avec un quatuor à cordes, contrairement à un orchestre symphonique ou un opéra, fait-il remarquer. Il faut garder la musique à l’école, pour que les enfants soient en contact avec la musique classique dès leur plus jeune âge, pas seulement en l’écoutant, mais en la jouant, ce qui est encore mieux. »

Par L. H. Tiffany Hsieh / La Scena Musicale.

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