ÉDITION 2022

- Du 7 au 20 août

Rusquartet toujours premier.

Une semaine exactement après avoir présenté le Rusquartet, de Russie (trois filles et un garçon), et le Aeolus Quartet, des États-Unis (trois garçons et une fille), l’Académie internationale de Quatuor à cordes de McGill ramenait les deux jeunes ensembles au Pollack Hall vendredi soir, cette fois dans un ordre inverse: le Aeolus venait en premier, le Rusquartet ensuite. La direction a voulu être parfaitement équitable en faisant passer chaque quatuor tour à tour en premier et en dernier.Le procédé n’a cependant rien changé au résultat final. Entendu dans un ordre ou dans l’autre, le Rusquartet s’est révélé nettement le plus accompli des deux quatuors. Le Aeolus n’est pas à éliminer pour autant: tout simplement, il a encore du chemin à faire. Le premier-violon a corrigé ses imperfections de la semaine dernière. Très bien. Mais le groupe ne possède pas encore cette absolue précision collective qui produit ce vrai son de quatuor qu’on trouve déjà chez le Rusquartet.À l’Académie de McGill, les programmes présentés en concert sont établis à partir du répertoire d’oeuvres soumis par les jeunes quatuors invités à travailler avec des membres d’ensembles réputés. Le hasard, qui souvent fait mal les choses, nous valut vendredi soir un programme comportant deux quatuors seulement (au lieu de quatre, comme c’est l’habitude), tous deux très longs et passablement ennuyeux. Peu importe qu’ils soient signés Dvorak ou Tchaïkovsky, ils ne comptent pas parmi les grandes réussites de ces compositeurs. Le Quatuor op. 96 est celui qu’on appelle «Américain», Dvorak l’ayant composé lors d’un séjour dans une colonie tchèque de l’Iowa. Il contient au deuxième mouvement une cantilène pleine de nostalgie, mais l’énervante barn dance de la fin gâte tout. L’oeuvre faisait 26 minutes dans la lecture du Aeolus.Après l’entracte, le Rusquartet tenta pendant 39 minutes de rendre intéressant le troisième et dernier Quatuor de Tchaïkovsky. L’auteur a beau forcer la note avec son mouvement lent où le «funebre» s’augmente d’un «doloroso», il ne réussit pas à toucher; le reste est conventionnel ou naïf. Les jeunes Russes avaient pourtant mis toute leur âme – et leurs plus beaux dosages de sonorités – à défendre cette musique de leur pays…
Claude Gingras / La Presse – (photo : Rusquartet, Russie)

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