ÉDITION 2022

- Du 7 au 20 août

Les Quatuors à McGill: une révélation, le Arcadia.

Nouvelle révélation hier soir à l’Académie internationale de quatuor à cordes de McGill : le Quatuor Arcadia, de Roumanie. Au premier-violon, une énergique jeune femme entraîne avec elle ses trois coéquipiers masculins, qui n’en perdent pas pour autant leur personnalité. En fait, les quatre sont de force égale et traversent le Quartettsatz de Schubert – le plus connu des deux mouvements en do mineur ainsi identifiés – avec une tension de tous les instants, que redouble la reprise des premières pages et que dissipe plus tard une réconfortante accalmie.L’oeuvre fait plusieurs fois appel au suraigu du premier-violon et, à cet égard, on aura noté la parfaite justesse de la musicienne, qui pourrait certainement faire carrière comme soliste plutôt que comme chambriste.L’ensemble roumain maintient la même excellence de jeu individuel et collectif dans le Quatuor K. 458 de Mozart et ne craint pas d’aborder l’Adagio dans un phrasé quelque peu romantique, au risque de scandaliser les tenants d’une certaine «correction mozartienne». Cet Adagio n’est peut-être pas «dans le style», comme on dit, mais il est touchant, le fait de musiciens éminemment sincères.Après l’entracte, on retrouve le Quatuor Noga, entendu à la première Académie, en 2010, et composé des quatre mêmes jeunes musiciens français établis à Berlin. Le premier-violon est nettement inférieur à celui (ou plutôt à celle) du quatuor roumain : il force à l’aigu, ne joue pas toujours juste et manque de présence. L’ensemble reste quand même solide et donne du relief aux divers épisodes du premier Razoumovsky de Beethoven. Il avait joué le deuxième en 2010 et avait alors laissé une plus forte impression.
Claude Gingras / La Presse

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