ÉDITION 2022

- Du 7 au 20 août

AIQCM: une tradition née pour durer.

MISQA, troisième édition, accueille des quatuors de premier plan du monde entier qui offriront des concerts en perfectionnant leur art sous la tutelle de chambristes réputés. Selon André J. Roy, la tradition orale est très importante. MISQA, dont il est le directeur général et artistique, s’appuie sur le partage des connaissances entre le maître et l’élève. Cela n’a rien d’étonnant, car tous ceux qui ont rencontré le professeur d’alto ne tarissent pas d’éloges sur son amabilité. Les participants ne manquent pas de mentors et à juste titre! Citons les professeurs et artistes invités Gerard Schultz et Günter Pichler du quatuor Alban Berg, Michael Tree du quatuor Guarneri, Paul Katz du quatuor Cleveland et le quatuor à cordes Endellion. Je me suis entretenu avec M. Roy et nous avons discuté du succès de l’Académie et des points communs entre les quatuors à cordes et les Kings de Los Angeles (LNH).L’Académie a pris son envol dès ses débuts en 2010. Comment cela a-t-il démarré? André J. Roy: C’est le fruit de rencontres. Le quatuor à cordes Cecilia m’a appelé pour me demander si j’acceptais d’être leur mentor. Je connaissais Constance Pathy, une mécène d’exception qui a aidé le quatuor Cecilia à se joindre à McGill. Elle était très intéressée à fonder une institution de formation musicale à Montréal. Nous étions alors en avril et les professeurs que je souhaitais inviter avaient un agenda rempli deux à trois ans à l’avance. Ce qui n’est pas étonnant puisque ce sont des musiciens émérites. En mai et en juin, j’organisais l’Académie afin d’être fin prêt en août. C’était déraisonnable! Je me suis entretenu longuement avec Gerhard Schulz, lui expliquant ce que nous voulions accomplir avec l’Académie et il a compris que ce serait un lieu de formation des quatuors à cordes de relève. Je m’estime chanceux qu’il ait accepté d’offrir quelques journées dès la première année.La croissance rapide de l’Académie témoigne de son succès grandissant au fil des années. Quand avez-vous compris que vous aviez quelque chose de spécial? AJR: Nous avons donc lancé la première édition de l’Académie. J’ai accompagné le quatuor Cecilia au concours international de Banff. Le rêve est devenu réalité: le quatuor a remporté le premier prix! Cela a suscité l’intérêt de bien des gens qui se sont demandé: «Qui sont ces gens de Montréal?»Quels sont les critères de l’Académie en matière de sélection des participants? AJR: Les quatuors séniors sont des ensembles de niveau professionnel qui évoluent sur la scène internationale alors que les quatuors juniors sont de jeunes ensembles qui souhaitent être sélectionnés pour des concours internationaux.Et comment choisissez-vous les professeurs? AJR: On connaît les grands professeurs et on essaie de les rejoindre un à deux ans à l’avance. Parmi les huit professeurs que nous comptons, il y a les deux violonistes du quatuor Alban Berg et le violoncelliste du quatuor Cleveland. Bref, des quatuors et des musiciens prestigieux, d’excellents pédagogues qui ont formé des quatuors ayant remporté des concours internationaux.À quoi ressemble la journée typique d’un participant? AJR: Tous les matins, de 10h à 13h, il y a les leçons privées. J’essaie toujours d’avoir, au cours de la semaine, deux violonistes, un altiste et un violoncelliste (si on a un musicien qui fait carrière en qualité de second violon, il est certain que son répertoire sera très étendu). Puis, de 14h à 17h, un de nos professeurs donne un cours de maître. Les participants sont libres d’utiliser le reste de la journée pour répéter tant en solo qu’au sein de leur quatuor.Quels sont les objectifs de MISQA pour ses participants? AJR: Je veux qu’ils aient la possibilité de travailler avec les meilleurs musiciens, qu’ils bénéficient de la tradition orale au même titre que les quatuors à cordes au temps de Beethoven et Chostakovitch. Je voulais également que ce programme soit à l’image de Montréal: on dit souvent que Montréal est un bon mélange d’Europe et d’Amérique du Nord. Je souhaite que les Européens tirent profit de ce qu’on fait et vice versa.Quels sont les défis que les musiciens rencontrent au sein des quatuors? AJR: Prenez l’exemple des Kings de Los Angeles. Cette année, personne ne s’attendait à ce que cette jeune équipe obtienne un grand résultat. Or, ils ont réussi à remporter la coupe Stanley, et ce, grâce à un bon entraîneur et à un solide esprit d’équipe. Les Kings n’ont peut-être pas les meilleurs joueurs, mais c’est une équipe très soudée. C’est la même chose pour les quatuors. Chacun possède sa signature sonore. On donne beaucoup de soi, mais cela dépasse le simple cadre individuel. Le son que vous produisez fait partie d’un tout, d’un ensemble et c’est ce qui est le plus difficile à acquérir.La plupart des gens connaissent les grands compositeurs qui ont contribué au développement des quatuors à cordes comme Haydn, Mozart et Beethoven. Croyez-vous qu’il y ait un compositeur de quatuors qui ne soit pas reconnu à sa juste valeur? AJR: Thomas Adès est un compositeur remarquable, bien que l’interprétation de ses œuvres par les quatuors relève de l’exploit! Dès qu’un quatuor amorce sa carrière, il sera invité dans des séries de musique de chambre pour jouer les œuvres de Haydn, Bartók, Chostakovitch et ainsi de suite. Une fois de temps en temps, on acceptera de présenter une pièce contemporaine, mais sans plus. Les quatuors à cordes ont un répertoire déterminé pour une saison donnée. Si on passe la moitié du temps à apprendre une nouvelle pièce tout en continuant d’être en demande et au meilleur de son art, il faut pouvoir l’intégrer à la programmation. À mon avis, on ne joue pas assez les œuvres d’Adès ou de Wolfgang Rihm, mais c’est à venir, lorsque les quatuors les intégreront dans leur répertoire. À chaque concours, un compositeur écrit une nouvelle pièce, ce qui permet aux jeunes quatuors d’apprendre du nouveau.
John Delva / La Scena Musicale

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