ÉDITION 2022

- Du 7 au 20 août

Les Quatuors de McGill : Asasello d’abord, Cecilia ensuite.

Hier soir à Pollack, l’auditoire avait sensiblement augmenté pour le retour des Quatuors Asasello, d’Allemagne, et Cecilia, du Canada. Le nom de Beethoven, qui monopolisait le programme, n’est certainement pas étranger à ce parterre un peu plus fourni. Le Asasello, c’est d’abord le spectacle plutôt amusant d’un colosse et trois marmots. Le colosse est au violoncelle et il occupe héroïquement toute la place que Beethoven donne à cet instrument dans le premier des trois Quatuors Razoumovsky, op. 59, et ce, au tout début de trois des quatre mouvements.Toute la place, oui, mais jamais plus. L’équilibre des quatre voix est toujours respecté. Ainsi, dans le Scherzando (deuxième mouvement), les jeunes musiciens recréent, comme peu savent le faire, le vaste développement ayant pour point de départ le petit thème rythmique que le violoncelle a d’abord énoncé sur une seule note.Le Asasello prend le premier mouvement trop vite cependant. Cet Allegro n’est pas assorti d’un «molto». Mais l’indication «mesto» (c’est-à-dire «triste») au troisième mouvement est bien traduite, d’abord par le premier-violon, ensuite par les autres, et le finale au fameux Thème russe (en français dans la partition) trouve les quatre archets engagés dans une conversation extrêmement animée où le contrepoint reste toujours bien en relief.Le programme imprimé omettait le titre Thème russe et indiquait Presto pour ce mouvement. Il s’agit d’un simple Allegro. L’indication Presto ne s’applique qu’aux neuf dernières mesures. Bref, un grand quatuor. Asasello est un nom curieux et difficile à retenir, mais on le réentendra certainement.La scène est ensuite envahie par les jeunes Canadiennes du Quatuor Cecilia, toutes habillées de rouge vif. De Beethoven, elles ont choisi l’op. 127 qui, composé près de 20 ans après l’op. 59, ouvre la monumentale série des Derniers Quatuors.Le choix était un peu téméraire. En soi, le Cecilia est une formation très respectable, mais son Beethoven paraît un peu faible dans ce contexte où il suit de trop près celui, magistral, de l’ensemble allemand. Les musiciennes s’appliquent – et parviennent – à rendre le mystère qui enveloppe les six variations de l’Adagio. Mais le premier-violon a connu de légers problèmes de justesse au finale, où de surcroît une certaine fatigue avait gagné les participantes. (photo : Cecilia String Quartet, Canada)
Claude Gingras
/ La Presse

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