ÉDITION 2022

- Du 7 au 20 août

Le Quatuor à McGill: de Russie et des États-Unis

La deuxième année de l’Académie internationale de Quatuor à cordes de McGill se poursuit jusqu’au samedi 27 août et, déjà, la mécène Constance V. Pathy, qui subventionne cet événement ouvert gratuitement au public, confirme sans hésitation une reprise pour l’an prochain.Deux autres jeunes quatuors de l’étranger partageaient la soirée de vendredi: le Rusquartet, dont le nom dit assez bien qu’il vient de Russie, et le Aeolus, des États-Unis. Suivant la formule adoptée à l’Académie (bien que ce ne soit pas un règlement), chaque groupe joue un classique et un moderne.Le Rusquartet a été formé en 2001 à Moscou, il y a donc 10 ans. Or, comme ses membres semblent avoir entre 20 et 25 ans, des changements dans les effectifs ont certainement eu lieu depuis 2001. Une petite recherche sur internet découvre d’ailleurs deux musiciens absents de la formation entendue à McGill.Peu importe, en vérité. Le Rusquartet qui se présentait à McGill comprend trois filles et, au violoncelle, un garçon. Une même extraordinaire vigueur anime les quatre coéquipiers et produit une sonorité collective très riche, dont se détache un son de violoncelle parmi les plus beaux que j’aie entendus au sein d’un quatuor.De Haydn, les jeunes Russes avaient choisi le troisième quatuor de l’opus 76, surnommé Kaiserquartett, ou Quatuor de l’Empereur, en raison de l’utilisation de l’hymne impérial autrichien comme thème des quatre variations qui composent le mouvement lent. La célèbre mélodie de 17 notes y passait d’un instrument à un autre sur le plus élégant ton de conversation. Ce qui précédait et suivait offrait le même plaisir d’écoute, malgré une certaine «épaisseur» du son non parfaitement conforme à l’esthétique haydnienne.En revanche, l’exécution du deuxième Quatuor de Prokofiev ne pouvait que rallier tous les suffrages. Cette musique tirée du folklore caucasien vit par le rythme et la couleur et fut traduite par les jeunes Russes avec une énergie sauvage, de saisissants contrastes de dynamique et des timbres absolument envoûtants.Après l’entracte, le Quatuor Aeolus offrit lui aussi un Haydn, cette fois le deuxième de l’opus 20, et compléta sa prestation avec le quatrième Quatuor de Bartok. L’ensemble américain ne possède ni la personnalité, ni tout à fait la précision du russe; le premier-violon produisit d’ailleurs quelques légers grincements et connut quelques petits problèmes de justesse. Le groupe demeure quand même solide, soulignant bien la modernité du Haydn et multipliant les riches agrégats dans le Bartok aux cinq mouvements concentriques.
Claude Gingras / La Presse (photo: Aeolus Quartet)

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