ÉDITION 2022

- Du 7 au 20 août

Quatuor à cordes: sympathique fin d’Académie.

La deuxième Académie internationale de Quatuor à cordes de McGill a pris fin samedi soir. Au micro, devant une assistance plus nombreuse que d’habitude à Pollack, le directeur général et artistique de l’événement, le professeur André Roy, ex-altiste à l’OSM, a confirmé que, grâce à la générosité de la mécène Constance V. Pathy, une troisième Académie aura lieu l’été prochain, de nouveau au mois d’août. Pendant deux semaines, de jeunes quatuors d’ici et de l’étranger ont travaillé quotidiennement le répertoire avec des membres de quatuors établis et se sont produits deux fois en concert. Invité à donner le concert de clôture, le Quatuor Borromeo, des États-Unis, offrait la particularité d’être le seul quatuor participant à l’Académie à la fois comme professeur et comme exécutant. Par ailleurs, le concert final comportait exceptionnellement une oeuvre autre qu’un quatuor, le rare Quintette en fa majeur de Bruckner. Pour l’occasion, M. Roy avec invité, pour tenir la partie de second alto, le réputé altiste américain Michael Tree, 77 ans, membre fondateur du Quatuor Guarneri, qui fut son professeur d’alto pendant quatre ans. La soirée fut sympathique, sans être mémorable sur le plan musical. Célèbre pour ses symphonies, Bruckner a laissé très peu de musique de chambre. Il composa à 54 ans ce très long Quintette en quatre mouvements qui faisait 44 minutes samedi soir et en fait parfois davantage. Je n’ai retracé que deux exécutions précédentes de l’oeuvre ici, encore qu’il s’agissait chaque fois d’adaptations pour orchestre de chambre de 15 musiciens: par I’ensemble belge I Fiamminghi au Ladies’ Morning Musical Club en 1994 et par les Musici de Yuli Turovsky en 2001. L’exécution de samedi soir s’est ramenée à une honnête lecture dont seul se détachait le mouvement lent (le troisième). C’est le plus beau des quatre, avec ces grands tutti rappelant les symphonies du compositeur, et c’est celui qui fut le mieux joué. Les écarts de justesse du premier-violon, minimes mais assez fréquents, surtout au premier mouvement, laissent songeur quant au coaching prodigué auprès des jeunes quatuors en formation. Le Borromeo fit ses débuts ici en 2001 au Festival de Denis Brott. Le second-violon était alors différent mais l’actuel premier-violon était déjà là et, déjà, il jouait faux. C’est sans doute ce qu’on appelle avoir de la suite dans les idées. Tout comme le fait de jouer samedi soir le même Quatuor op. 59 no 3 de Beethoven qu’il y a 10 ans, alors que Beethoven offre le choix de 17 Quatuors. Là encore, une honnête lecture… peut-être un peu plus car la sonorité de l’alto et du violoncelle (tenus par deux musiciennes d’origine asiatique) est tout à fait remarquable. On a aussi noté que les musiciens du Borromeo jouent maintenant devant des écrans d’ordinateur, actionnant des pédales pour passer d’une page à une autre.
Claude Gingras / La Presse

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